Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Les enjeux budgétaires de la CCI

Les budgets rectificatif 2023 et primitif 2024 ont été présentés lors de l’assemblée générale de la CCI Tarbes-Hautes-Pyrénées du 29 novembre. Stabilité de la TCCI, incidence de la loi de finances et revenus locatifs ont marqué les échanges.

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François-Xavier Brunet, président de la CCI Tarbes-Hautes-Pyrénées. © D.R.

Sain, le budget primitif 2024 qui a été soumis au vote électronique lors de l’assemblée générale de la CCI Tarbes et Hautes -Pyrénées, l’est assurément mais il a révélé quelques fragilités. A l’instar de toutes les chambres du réseau, celle de Tarbes l’inscrit dans un contexte sur lequel la loi de finances plane et dont l’évolution jouera un rôle majeur. Le 29 novembre, il a occupé une partie des échanges qui ont commencé par la présentation du budget rectificatif 2023, assurée par Pascal Godeby, le trésorier : « Le budget total pour l’ensemble de la chambre s’élève à 3,886 millions d’euros avec des charges de fonctionnement de 3,610 et des dépenses en capital de 276 000 ». Le résultat comptable négatif a été souligné par le rapport de la commission des finances à travers Marie-Pierre Armengaud, sa vice-présidente par intérim, qui a pointé une « une dépendance aux revenus locatifs » mais aussi les « difficultés d’équilibre de l’EGC », l’école de gestion et de commerce, avant d’émettre un avis favorable.  

Diversifier les revenus locatifs 

C’est dans sa continuité que le budget primitif 2024 a été établi pour un montant total de 4,325 millions d’euros, dont 3, 624 millions de charges de fonctionnement et 701 000 de dépenses en capital. Il a été validé par la commission des finances qui a mis en avant « la capacité d’autofinancement de 1 million d’euros, la maîtrise des charges » et « une légère baisse des revenus notamment locatifs ». Elément majeur de la stabilité budgétaire de la CCI, ces revenus sont composés des loyers de la mise à disposition de 6 de ses salles mais aussi de différents bâtiments tels que celui du restaurant de l’aérodrome placé sous mandat de gestion. Il fait par ailleurs partie des reports d’investissements de 2023 à 2024 : « Il n’en finit pas de se dépanner, celui de l’autoport a été placé en liquidation judiciaire, c’est compliqué et sensible, a expliqué François-Xavier Brunet, président de la CCI. Sur un budget de grosso modo 2 millions d’euros, on a 500 000 euros qui proviennent des ressources locatives ». Un contexte qui a amené le président à envisager l’idée de nouveaux investissements immobiliers : « Il faudra y réfléchir dans les prochains mois pour les diversifier ».  

Taxe pour frais de CCI stable 

Tant sur le budget rectificatif 2023 que sur le budget primitif 2024, la stabilité de la ressource taxe pour frais de CCI est notable avec 1,715 million d’euros : « On est descendu bas, on était quasiment à 6 millions avant que la réforme ne soit engagée », a souligné François-Xavier Brunet. Impossible pour le président de ne pas évoquer le projet de loi des finances 2024 qui en comportait une nouvelle amputation de 100 millions d’euros sur quatre exercices budgétaires, soit 25 millions d’euros par an.  

On ne peut pas d’un côté nous demander d’être comme des ministres le bras armé de l’Etat et nous couper phalange par phalange 

 Alors que ce financement public s’est déjà vu réduit de 60 % sur 10 ans, l’annonce de Bruno Lemaire en Conseil des Ministres avait grandement inquiété le réseau des chambres de commerces et Alain Di Crescenzo, président de CCI France, n’avait par ailleurs pas caché l’incidence de cette baisse qui « l’obligerait de se séparer de plus de 1 500 collaborateurs ». Une inquiétude dont le constat de François-Xavier Brunet s’est fait l’écho : « Quand il y a une crise, l’Etat se souvient de nous mais on ne peut pas d’un côté nous demander d’être comme des ministres le bras armé de l’Etat et nous couper phalange par phalange. Ce bras armé, il commence à être un peu rogné ». 

1,715 million pour le territoire 

L’amendement des députés visant à maintenir le plafond des TA-CFE au niveau de 2023 a été vécu comme un répit. Il a été salué par François-Xavier Brunet qui a clairement exposé sa position sur les fonds de roulement : « On pourrait les réinvestir ou les utiliser en les mutualisant sur un fonds d’investissement national qui soutiendrait, par exemple, la transmission-reprise. Regardons comment on pourrait injecter cette ressource prélevée sur les entreprises dans l’économie et pas dans le tonneau des Danaïdes des budgets de l’Etat, soit 50 ans de déficit budgétaire ». Un enjeu très important pour la CCI des Hautes-Pyrénées qui fait partie des chambres qui en disposent : « La maitrise des dépenses de fonctionnement fait que le coût de journée de notre institution baisse régulièrement, c’est un effet ciseau. Avec parfois des résultats budgétaires négatifs, on continue de mener nos opérations, on continue à prélever sur le fonds de roulement le nombre de jour que ça représente diminue. La stabilité de la TCCI est importante, 1,715 million pour notre territoire mais à ressources stables, les chefs d’entreprises le savent, on perd toutes nos capacités opérationnelles ». Une assemblée générale qui a fait le tour des enjeux budgétaires à venir et a montré la volonté d’une équipe unie pour tous les relever.