Il est cultivé uniquement au nord du Tarn-et-Garonne et au sud du Lot. Le chasselas de Moissac, fruit d’un savoir-faire unique, fête cette année les 55 ans de son AOC et les 30 ans de son AOP. Reconnu par l’Europe qui lui a attribué l’Appellation d’origine protégée en 1996, le petit grain doré est inscrit depuis 2017, à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel. Pourtant la filière n’a jamais été si fragile. « Le rendement moyen est assez faible, d’autant plus que les vignes sont vieillissantes. Les coûts de productions sont élevés, car il faut beaucoup de main-d’œuvre pour cueillir le chasselas », explique Julien Custody, producteur et président du Syndicat de défense du chasselas de Moissac AOP. À cela, il faut rajouter une baisse de la demande, au bénéfice du raisin sans pépins (voir article précédent).
Nouveau cahier des charges
Pour faire perdurer la production, les 150 producteurs de chasselas de Moissac ont décidé de revoir le cahier des charges de l’AOP. La nouvelle version est entrée en vigueur en mars 2026. Une étape majeure pour la filière. Le nouveau cahier des charges valorise les pratiques environnementales des producteurs, avec notamment l’interdiction totale du désherbage chimique dans l’inter-rang et l’écartement des rangs portés à quatre mètres. Les rendements maximaux ont par ailleurs été revus à la hausse : 15 t/ha pour les vignes à un plan, 18 t/ha pour les vignes à deux plans. Une évolution nécessaire pour la pérennité économique des exploitations. « Si l’on dépasse les rendements maximaux, on doit jeter le surplus pour bénéficier de l’AOP », explique Julien Custody.
Conditionnement sur le champ
Aussi, le nouveau cahier des charges permet désormais un conditionnement directement dans le champ. « Comme la réglementation autorise la mise en plateau directement sur l’exploitation, cela permet une manipulation en moins : on gagne ainsi en qualité et cela réduit les coûts de production », explique Julien Custody. En 2025, 1 729 tonnes de chasselas de Moissac avaient été récoltées sur 309 ha. La campagne 2026 s’annonce bonne, avec le risque toutefois des coups de soleil à l’approche des vendanges.