Couverture du journal du 25/01/2023 Le magazine de la semaine

Réchauffement climatique : la Ville d’Agen mobilisée

Confrontée à une inquiétante baisse du niveau de la Garonne cet été, la ville d’Agen mobilise ses forces pour trouver de nouvelles alternatives face au réchauffement climatique. Une action qui lui a permis d’être labellisée par l’Agence de l’Eau Adour Garonne.

Agen

© Shutterstock

Si la vallée de la Garonne a déjà été confrontée à des étés de feu, Agen est régulièrement l’une des villes où il fait le plus chaud en France, le niveau de sécheresse exceptionnel qui sévit encore cet hiver laisse présager une situation dramatique en 2023 et dans les années futures. Face à la réalité concrète du réchauffement climatique, la ville d’Agen vient de lancer une étude de faisabilité sur l’utilisation d’eau non « conventionnelle » pour l’irrigation de ses espaces végétalisés. Cette étude répond à un appel à projet lancé par l’Agence de l’Eau Adour Garonne, intitulé EC’EAU, qui a pour vocation de permettre l’émergence de projets intégrés de réutilisation des eaux. C’est dans ce cadre que la Ville d’Agen a été labellisée pour son projet AVIDE (Agen, VIlle végétale et DEsirable) qui prévoit le déploiement de mesures de préservation de la qualité de l’eau et la contribution à la lutte contre le déficit en eau.

AVEC LE SOUTIEN DE L’IFTS

Bénéficiant de la présence sur son territoire de l’Institut de la Filtration et des Techniques Séparatives (IFTS), la ville mène donc une étude de faisabilité technico-économique pour l’utilisation d’eau non conventionnelle (eau usée traitée directement prélevée sur les collecteurs d’eaux usées de la ville et eau pluviale) pour l’arrosage des espaces végétalisés public de l’ensemble de son territoire, soit actuellement 125 ha répartis sur 13 sites : berges de la Garonne, berges du canal latéral à la Garonne, esplanade du Gravier, jardin Jayan, parc Chabaud, parc Labesque, parc de Pompeyrie, place Fallières, place Verdun, plaine de Pistre, square des Tanneries, square du Pin, cimetière de Gaillard.

Le projet AVIDE a pour objectif d’économiser 10 000 m3/an d’eau

LANCEMENT DES ÉTUDES TECHNIQUES

D’un coût total de 104 700 € HT, subventionné à hauteur de 80 % répartis entre la Région Nouvelle-Aquitaine et l’Agence de l’Eau, le projet AVIDE a pour objectif de démontrer la possibilité d’économiser 10 000 m3/an d’eau en provenance du réseau de distribution d’eau potable, de réduire l’impact des prélèvements sur les eaux de nappes souterraines (64 000 m3/an) ainsi que le flux de pollution entrant sur la station d’épuration des eaux usées à hauteur de 185 équivalents habitants. Avant de pouvoir réutiliser ces eaux non conventionnelles, les équipes de l’IFTS vont d’abord réaliser des essais sur différents pilotes et démonstrateurs qui seront ensuite testés sur place. Il s’agit notamment du prélèvement d’eaux usées directement sur collecteur gravitaire, du traitement d’eaux usées décentralisé (par filtre et membrane biochimique) et du traitement d’eaux pluviales sur avaloirs dépolluants.

À l’issue de cette phase expérimentale, le concept pourra être déployé prioritairement sur le site du square du Pin (soit 3 429 m2) puis progressivement sur les autres espaces végétalisés de la ville d’Agen.

Le concept sera déployé prioritairement sur le site du square du Pin

Agen

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UN ENJEU MAJEUR POUR DEMAIN

Dans le but de mieux maîtriser et sécuriser ses ressources en eau pour réduire la charge hydraulique et le flux de pollution arrivant à la station d’épuration, augmentant ainsi sa capacité épuratoire, la ville d’Agen mise donc sur l’innovation technologique pour lutter contre les effets du réchauffement climatique. Précisons ici que la consommation d’eau totale annuelle sur Agen (usagers + ville) était estimée, en 2019, à 1 431 116 m3 pour 16 934 abonnés et que les besoins en eau d’arrosage pour l’ensemble des espaces végétalisés représentent 74 000 m3 prélevés sur le réseau de distribution d’eau potable de l’Agglomération et des forages dans la nappe d’accompagnement. L’opportunité de recourir à l’usage d’eaux non conventionnelles constitue donc un enjeu d’avenir pour limiter la pression sur la ressource en eau.

Par ailleurs, l’irrigation des espaces végétalisés durant l’été permettra également de rafraîchir naturellement l’air ambiant, de stabiliser la température de l’air par la rétention d’eau dans les végétaux, d’augmenter le taux d’humidité par le stockage temporaire de l’eau de pluie ou bien encore de favoriser l’absorption du carbone.

 

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