Couverture du journal du 25/01/2023 Le magazine de la semaine

Tarbes : Les hôtes du Jardin Massey

Le parc remarquable de Tarbes sert de cadre somptueux à une exposition à ciel ouvert, fascinante et hors normes par la taille de ses œuvres. « Grandeur nature » signe le mariage parfait entre l’art contemporain et un des plus beaux sites paysagers de la ville.

Jardin Massey

Les sculptures hors normes de Victoria Kltoz ©DR

Pour rivaliser avec les arbres centenaires qui tutoient le ciel tarbais, il fallait autant de talent que de culot. Visiblement Victoria Klotz a les deux et si l’artiste voit grand, elle voit également loin : l’exposition qu’elle propose au Jardin Massey soulève avec brio la question du rapport à l’homme à son environnement. Devant le parc paysager du musée, surplombant la terre, un élan magistral semble surgir du sommet des feuillages. S’il n’apporte nulle réponse au questionnement de sa créatrice, il se fait l’écho tenace d’une nature sauvage qui disparaît des espaces urbains et résiste. Sublime sculpture monumentale, entouré d’un renard roux, d’un manchot et d’un vautour tout aussi gigantesques, c’est sans doute la pièce centrale d’une exposition hors normes, magnifiée par cet écrin précieux qu’est le Jardin Massey.

L’IMMENSITÉ DE L’ART CONTEMPORAIN

Six œuvres plus vraies que nature forment les « Hôtes du logis » que Victoria Klotz n’hésite pas à qualifier de « sentinelles du monde » : « Ils sont à la fois au milieu de nous et hors d’atteinte, proches et inaccessibles à la fois. Ils viennent en effet chercher auprès des hommes le gîte et le couvert et nous rappeler que de tout temps nous avons cohabité ». Devant l’immensité de ces géants fragiles, hissés sur leurs promontoires de bois, l’art contemporain bouscule en beauté les passants qui ne peuvent ignorer leurs existences.

ARTISTE GRINÇANT

Plus loin, Lilian Bourgeat s’amuse à les surprendre, artiste grinçant qui revisite les objets du quotidien en œuvres hyperréalistes mais surdimensionnées, trompe les visiteurs avec un banc deux fois et demi plus grand que la norme… Mais il faut presque s’y installer pour le remarquer, c’est là tout son génie. Et lorsque la pénombre signe la fin de la journée, dans les arbres scintillent les nuées de lucioles d’Érik Samakh, magicien de la lumière et des illusions, c’est la poésie qui prend le relais. Proposée par le centre d’art contemporain le Parvis, cette exposition à ciel ouvert est aussi remarquable que le jardin où elle est invitée et est à admirer jusqu’au 4 février.