Dès le 10 août, les vignerons ont commencé à s’affairer entre les pieds de vignes afin de récolter ce qui donnera le prochain millésime de vins effervescents. Du 15 au 30 août, ont suivi les vendanges pour les vins blancs secs, puis du 21 au 31 août pour les rosés. « Cette année, le déclenchement des vendanges a été déterminé par l’aromatique des baies, pas pour des raisons sanitaires », note Laurent Colombier, responsable commercial Dordogne chez Vitivista. La fraîcheur des baies était alors idéale. Les rouges quant à eux, devraient être récoltés dès le 7 septembre.
Les liquoreux récoltés d’ici trois semaines ?
Ces vins sont majoritairement récoltés grâce à des machines, de quoi permettre aux professionnels produisant des liquoreux, qui eux ont besoin de main-d’œuvre, de se préparer. Car, chez eux aussi, les vendanges vont être précoces. « D’ici trois semaines », estime le spécialiste. Qui renchérit : « Il faut que le champignon apportant ce qu’on appelle la pourriture noble s’installe. À l’heure actuelle, il n’y a pas assez d’humidité pour qu’il se développe ».
L’arrivée prématurée de ces vendanges provoque un « chamboulement dans le calendrier, de l’organisation » et est « un marqueur important du changement climatique ». Et s’il y avait une inquiétude sur les rendements, ils sont finalement « corrects, si on remet cela en perspective avec les conditions météo ». Toutefois, dans les secteurs où les sols sont peu profonds, les rendements sont plus faibles. Côté vignes, celles de plus de 15 ans ont eu des rendements honorables, contrairement aux vignes plus jeunes qui ont davantage souffert de la météo et ont moins produit.
De grands vins
Ces vendanges précoces peuvent permettre aux vignes de faire des réserves pour l’année prochaine, via leurs feuilles. Un point positif important. En revanche, elles bousculent les repères et la gestion technique.
Les rouges quant à eux, devraient être récoltés dès le 7 septembre
Côté aromatique, « quel que soit le profil, il y a un potentiel remarquable, qui laisse présager de grands vins avec une grande personnalité ». 2026 promet un millésime solaire, avec plus de concentration, plus tanique pour les rouges, plus riche en sucre et en polyphénol. Avec le manque d’eau, les pellicules quant à elles, sont plus épaisses. « C’est une année hors norme. »