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Biscuiterie : Lou Cocal s’agrandit

À Sarlat, Lou Cocal fabrique des biscuits artisanaux depuis 30 ans avec un produit phare : la noix. Et pour cette année anniversaire, son fondateur, Olivier Charpenet, compte étendre le site de 700 m2.

Biscuiterie Lou Cocal, Olivier Charpenet © Loïc Mazalrey - La Vie Économique

Lou Cocal, c’est un nom bien périgourdin, un hommage à l’occitan que les anciens parlent encore et au terroir de la Dordogne. Il signifie tout simplement « noix ». Celle qui, depuis 30 ans, fait la renommée de l’entreprise fondée par Olivier Charpenet, en 1996. L’histoire, est partie d’un service rendu à un ami par un féru de cuisine. En l’occurrence, Olivier Charpenet, qui pâtisse des biscuits, à la noix bien sûr, pour qu’un proche les emporte à un salon parisien. Un moment clef pour celui travaillant dans une ferme de volailles et qui y voit une opportunité. « J’ai regardé le marché, et constaté qu’il y avait peu de biscuiteries artisanales à Sarlat », raconte le fondateur.

Le choix des produits locaux

Alors, Lou Cocal voir le jour, dans sa cuisine. Avec sa bible culinaire, Les secrets dans les fermes du Périgord, le dirigeant teste, crée, et ambitionne de « faire revivre des recettes, avec des fruits de la région ». Il y a des réussites, comme le croquant aux noix, véritable incontournable, et des flops, comme le beignet à la graisse de canard, « trop compliqué à conserver ».

Cet héritage périgourdin, c’est un leitmotiv qu’il a conservé, trente ans plus tard, alors que son entreprise compte désormais 30 salariés, et 470 références. « Bien avant que cela ne soit tendance, j’ai choisi de travailler avec des produits locaux : mon blé est de Mussidan, mes fruits comme la noix, la noisette ou la châtaigne de Dordogne, mes œufs de Sarlat… 70 % de mes ingrédients viennent du Périgord », liste le biscuitier. Récemment, il a déniché des cacahuètes dans le Lot-et-Garonne, lui permettant ainsi de proposer, dès 2026, de nouveaux cookies.

20 à 30 références par an

« Si nous voulons exister, il faut faire du circuit court, et privilégier le goût ainsi que le service. » Un choix payant, pour les clients qui se répartissent essentiellement sur deux saisons : l’été, avec les touristes, et l’hiver, avec les cadeaux de fin d’année, et les comités d’entreprise. « Ils nous demandent constamment de nouveaux produits, alors chaque année, on crée 20 à 30 références. » Une gamme, désormais trop grande, que l’entreprise tâche de réduire de moitié. D’autant que 60 produits composent à eux seuls 80 % du chiffre d’affaires. Pour les nouvelles recettes, Olivier Charpenet est aux manettes. Il s’inspire des aliments « dans l’air du temps », « sans copier ce qui existe déjà ». « Notre force, c’est de s’adapter au marché. On a nos irréductibles, mais nous reposons aussi sur l’achat d’impulsion. »

Une future ligne d’ensachement

L’entreprise enregistre un chiffre d’affaires en progression tous les ans, et qui a atteint les 3,5 millions d’euros en 2025. Les ventes, sont réalisées à 10 % dans la boutique de Sarlat, 30 % dans les GMS livrées en direct (majoritairement sur les bassins de Limoges, Cahors, Agen, Bordeaux, et la Dordogne), 35 % pour les colis de fin d’année, et le reste se répartit entre les épiceries fines, et la boutique en ligne. Les exportations, quant à elles, se font via un grossiste, direction la Belgique, le Japon et l’Irlande.

Biscuiterie Lou Cocal, Olivier Charpenet

Olivier Charpenet, fondateur de Lou Cocal. © Loïc Mazalrey – La Vie Économique

Pour accompagner cette croissance, en 2026, Lou Cocal s’agrandit. Dans son local de 2 000 m2 à la fois atelier de fabrication et boutique, l’arrière va être étendu de 400 m2. L’objectif ? Augmenter la capacité de stockage, créer une nouvelle salle de découpe, et investir dans une ligne d’ensachement. « Actuellement, ce travail est fait à la main, et c’est assez rébarbatif. Cela permettra également de diminuer la main-d’œuvre saisonnière. » Ensuite, 300 m2 doivent être bâtis à l’avant du local, afin d’ajouter des bureaux et d’agrandir la boutique. « Cela permettra de développer notre chiffre, car c’est ici que nous avons nos meilleures marges », relève Olivier Charpenet.

Sur ses six enfants, deux ont rejoint l’entreprise, mais c’est toujours à son bureau que l’on toque pour une question : un client, un fournisseur, un partenariat. Et ici, tout le monde connaît le patron, dont on lit la passion sur le visage. Alors la reprise, pour l’instant, le chef d’entreprise n’y a pas encore vraiment pensé.

35 % des ventes sont réalisées pour les colis de fin d’année