Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

60 entreprises s’engagent

Animé depuis 2022 par la CCI, le club départemental affiche désormais un véritable dynamisme grâce aux nombreuses entreprises qui l’ont rejoint.

entreprise

Caroll Betbeder, Stéphanie Lacoste, Aurélie Malandin de la CCI et Pierre Zerbini. © D.R.

Sortir des schémas classiques du recrutement pour anticiper les compétences nécessaires au développement de son entreprise est le pari qu’ont fait les acteurs du club Les Entreprises s’engagent. Déployé par l’État en 2018 au niveau national, le dispositif est animé par la CCI depuis octobre 2022, une évidence pour Grégory Ferra, à la tête de la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations : « La chambre consulaire était la plus à même de fédérer les entreprises et de faire vivre ce club en les mobilisant ». Les résultats sont là : avec désormais 60 entreprises prêtes à s’investir pour se rapprocher des publics les plus éloignés de l’emploi, le club départemental a trouvé un socle solide, renforcé par la présence de la Fédération du bâtiment, de l’UIMM, du Medef et de la CPME ainsi que celle des partenaires institutionnels.

DES ENGAGEMENTS SUR DES THÈMES VARIÉS

Les jeunes, le handicap, la sobriété énergétique, le sport ou encore les quartiers prioritaires ne sont que quelques-uns des nombreux domaines dans lesquels ces entreprises ont décidé de s’investir : « L’engagement peut se traduire par des immersions professionnelles, l’accueil de stagiaires ou encore l’alternance », souligne Aurélie Malandain, conseillère RH-Emploi-Formation à la CCI de Tarbes. Du mentorat au recrutement des jeunes sportifs des clubs locaux, les forces vives de l’économie des Hautes-Pyrénées ont ouvert leurs portes mais aussi leur cœur, à l’image de Stéphanie Lacoste. La directrice des agences CRIT de Tarbes et de Lourdes a choisi de s’impliquer pour faire évoluer le regard sur le handicap : « Depuis des années Crit promeut la diversité et l’égalité des chances mais, pour des raisons personnelles, ce sujet m’anime également. Il ne faut pas oublier ce public de demandeurs d’emploi et, pour cela, il faut mettre des actions en place, créer des rencontres et des prises de conscience. Adapter les postes aux compétences et freins de chacun, et non l’inverse, c’est primordial ».

DONNER LEUR CHANCE AUX CV ATYPIQUES

Sur fond de baisse du chômage et de besoin accru en main-d’œuvre, le contexte économique actuel dessine un écho particulier au club et Caroll Betbeder en est un exemple concret. Codirigeante du groupe de BTP Terre Holding, elle est fréquemment confrontée à ce besoin d’embauche : « Nous avons de nombreuses sociétés et un effectif total de plus de 300 personnes, nous ne sommes donc pas exempts des problèmes de recrutement. J’ai voulu adhérer au club car je pense qu’on a tous à gagner à échanger des actions positives ». C’est en partant de l’humain et non des qualifications que la dirigeante a choisi de trouver des solutions pertinentes, n’hésitant pas à établir des projets à partir des CV les plus intéressants et en misant sur les personnes éloignées de son secteur d’activité : « Ceux qui sont en reconversion ont une motivation sans faille. Sur le long terme, ce sont des profils qui se pérennisent, bien sûr il faut un accompagnement et des formations mais on a pris le parti de recevoir pas mal de candidats qui voulaient recommencer une nouvelle vie et aujourd’hui on a 90 % de réussite sur ces actions-là ».

On cherche à ancrer les jeunes sur notre territoire

LES JEUNES, UN PUBLIC CIBLE

Des bénéfices partagés que l’on retrouve dans chaque thématique et le public des jeunes est évidemment au centre des intérêts. Entreprise de Lannemezan historiquement spécialisée dans la maintenance des remontées mécaniques, Mécamont Hydro a développé son champ d’action au fil des ans et Pierre Zerbini, son président, a souhaité s’investir dans cinq thèmes dont celui des salariés de demain : « On cherche à ancrer les jeunes sur notre territoire, c’est d’ailleurs notre devise, et à les faire évoluer. C’est tout naturellement qu’on s’est inscrit au club ». Ouvrir l’entreprise aux collèges et aux lycées professionnels ou accueillir 25 stagiaires est devenu la norme pour cette société qui y voit un investissement précieux : « Nos salariés ont 35 ans de moyenne d’âge, on ne trouve pas de jeunes qui font des formations adaptées à nos métiers. C’est la raison pour laquelle notre premier moyen de recrutement c’est l’apprentissage, sur l’année en cours on en a 11 ».

RÉPONDRE AUX BESOINS EN RECRUTEMENT

En parallèle aux actions individuelles, des manifestations collectives comme « Un jab pour un job » ou Duo Day ont rythmé l’année du club. Établies avec différents partenaires et structures liées au public ciblé, elles vont se poursuivre en 2024 avec le Rallye de l’immersion professionnelle, une pièce de théâtre interactive Un employé nommé désir ou encore de nombreux jobs dating inversés. Une présence sur le terrain qui devrait se renforcer dans les prochains mois comme l’explique Gregory Ferra : « Avec la réforme France Travail, on attend que le club soit inscrit dans le futur réseau de Pôle emploi. Il y aura toute sa place notamment par les objectifs convergents, à savoir ramener vers l’emploi les personnes qui en sont éloignées et répondre aux entreprises qui ont des besoins en recrutement ». Chacune engagée pour ses propres raisons et ses besoins, celles des Hautes-Pyrénées ont décidé de marier emploi et social à travers un réseau qui mise sur une humanité indéniable pour un dynamisme économique aussi juste que durable.