Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

ADIE 65 : le big bang des TPE

Avec 88 personnes financées à Tarbes en 2023, l’antenne départementale de l’ADIE joue un rôle majeur dans le tissu économique et souhaite aider plus de créateurs d’entreprises.

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L’espace coffee du Massey n’a encore jamais été aussi rempli. Ouvert depuis le 2 février, ce nouveau lieu de coworking ne pouvait qu’accueillir les bénévoles et les responsables de l’ADIE : sans l’association il ne serait peut-être pas devenu une réalité. Hakim Ettaouti, son créateur, le confirme : « Ça a été un vrai coup de pouce pour que je puisse me lancer et avec cette trésorerie, je me sens serein pour démarrer ». À son image, 88 bénéficiaires du dispositif ont pu, en 2023, devenir des entrepreneurs à part entière dans le 65 où l’antenne départementale est aussi dynamique qu’investie. Ce 20 février, tous les membres étaient réunis dans ce site symbolique qui a permis un temps d’échange entre « les personnes de la sphère publique, privée, les bénévoles, les entrepreneurs et ceux qui souhaitent le devenir », comme l’a souligné Gilles Bernardin, directeur territorial de l’ADIE.

Un territoire qui bouge

Entre échanges dans la bonne humeur et le bilan de l’année, une certitude s’impose : Tarbes regorge d’une activité entrepreneuriale plus intense qu’elle n’y paraît. Alexis Malric, responsable départemental depuis 2019, le sait mieux que quiconque : « On a une image d’une ville où l’emploi est difficile, mais pas du tout. Ça bouge et plein de gens se lancent à leur compte ». Des idées et des envies, il n’en manque pas, contrairement au capital de démarrage dont l’accord se voit souvent refusé par le système bancaire classique. Sans garanties, pas de prêt, sans fonds propres, peu ou mauvaise concrétisation de projet… Une spirale que casse l’ADIE, notamment par le biais des microcrédits. Si les chiffres parlent d’eux-mêmes, pour les responsables de l’antenne Tarbes Lourdes Pyrénées ils sont bons mais ne suffisent pas.

Des financements cumulables

Des exemples de critères qui mènent à l’échec, Gilles Bernardin en a des dizaines. Tous les intervenants les connaissent et dans leur boîte à outils, ils misent sur l’apport en capital solidaire qui vient en complément aux microcrédits. D’un montant maximum de 3 000 euros, celui-ci permet de démarrer une activité en toute sérénité puisque le remboursement peut être différé jusqu’à 24 mois. Les deux financements sont cumulables et dans un contexte marqué par la transition écologique, l’apport en capital solidaire permet également de financer les investissements liés pour un montant maximal de 5 000 euros…

Coup de pouce de la Banque de France

Un univers qui semble éloigné de celui de la Banque de France dont une des missions était d’attribuer la cotation des entreprises et s’adressait principalement à celles dont le chiffre d’affaires dépassait 750 000 euros. Pourtant, là encore, l’évolution est de mise : « On passait au travers de toutes ces TPE qui font le vivier économique du département mais, naturellement, elles sont venues à nous », confie Yohan Antonio, représentant de la BDF. Celle-ci ne se positionne pas au niveau de la création mais devient bien un allié dans la phase qui suit : « Lorsque ces petites entreprises se développent, on peut agir dans la médiation du crédit ». Prêt d’investissement, ouverture de compte malgré un incident ou obtention d’un découvert, même sans garanties la BDF intervient désormais auprès des partenaires bancaires si besoin. Des forces vives qui œuvrent dans le même sens et s’étoffent de l’appui de la Communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées.

Un réseau qui se complète

Évelyne Ricart y est en charge de l’économie sociale et solidaire. Autant dire qu’elle maîtrise les problématiques en jeu : « Les TPE et PME se développent, c’est indéniable, il faut du courage pour se lancer mais aussi des moyens. À l’agglo, on n’intervient pas sur un système de prêt mais à travers des subventions liées au développement économique et la création d’emploi ». À chaque étape du chemin de l’entreprise, ces acteurs économiques mettent tout en œuvre pour qu’il continue et à la racine de ce véritable big bang des TPE, les bénévoles font office d’énergie qui concrétisent les étincelles. Dominique, l’animateur d’équipe, Didier ancien concessionnaire affilié à la mobilité, Sylvie qui met son expérience d’accompagnatrice clients au service des entrepreneurs… Une équipe solide et investie de 7 bénévoles qui assurent accompagnement, conseils et souvent soutien moral. Le résultat est là : 87 % des entreprises soutenues par l’ADIE sont pérennes.

« On a une image d’une ville où l’emploi est difficile, mais pas du tout ».

L’ADIE Tarbes Lourdes Pyrénées en chiffres

En 2023, l’ADIE Tarbes Lourdes Pyrénées a financé 88 personnes, de Tarbes et son agglomération. Parmi elles, 31 % ont moins de 30 ans, 21 % plus de 50 ans et 40 % sont des femmes. Ces financements sont d’un montant moyen de 6 461 € et le total s’élève à 568 604 € dont 455 867 € pour les microcrédits professionnels pour la création ou le développement d’entreprise.