Couverture du journal du 02/12/2020 Consulter le journal

Barbarie, de la palette au Palox

Le nom est entré dans le vocabulaire courant et les clients parlent d’un Barbarie plutôt que d’un Palox : une référence. L’entreprise basée à La Chapelle-Faucher accélère son développement, avec une orientation à l’international.

Barbarie : Pascal Fournier, Yann, Odile et Didier Chemin

De gauche à droite, Pascal Fournier, Yann, Odile et Didier Chemin © D. R.

D’une famille à l’autre : la menuiserie familiale créée en 1949 par Robert puis gérée par Gilles Barbarie est une affaire aujourd’hui pilotée par Didier et Odile Chemin et leur fils Yann. Rien ne les destinait a priori à rejoindre le Périgord. Dans le nord de la France, Didier Chemin s’est spécialisé en 1984 dans le recyclage de palettes, entrant en 1996 dans le groupe Suez avec cette compétence. C’est lors de la mise en vente de cette branche par le groupe que la rencontre a eu lieu avec la famille Barbarie : si l’affaire ne s’est pas faite dans ce sens-là, la prise de contact a facilité le lien, deux ans après, quand l’entreprise périgourdine s’est mise en quête d’un repreneur. Arrivé en février 2016 comme directeur général, Didier Chemin a finalisé la reprise en octobre 2017, le temps nécessaire pour mûrir et préparer l’avenir des deux outils alors à sa disposition : Barbarie Palox, à La Chapelle-Faucher, et Marquet emballage, à Quinsac, pour les palettes (450 références), cœur de métier du repreneur. Le site périgourdin devient le point d’ancrage d’un groupe baptisé Sylvatek et qui intègre Beynel Palox (Le Teich, 33) et Sipalex emballages (Isère), auxquels s’ajoute depuis janvier Sylvatrade pour le négoce.

Barbarie Palox La Chapelle-Faucher

Le credo et dénominateur commun du groupe, c’est le bois ; et la forêt périgourdine est un écrin de choix pour son activité. Les caisses réalisées dans ce matériau naturel constituent désormais un marché de niche sous la poussée de la concurrence plastique, favorisée par les grands distributeurs et devenue incontournable pour la pomme, clientèle locale pourtant historique pour Barbarie ; mais il se pourrait que les préoccupations environnementales inversent bientôt la tendance… En attendant, les « Barbarie » reçoivent toujours des récoltes de fruits et légumes, oignon, carotte, kiwi, prune… Et surtout pomme de terre. L’activité reste liée aux rythmes de production des fruits et légumes, et la réputation de la maison est bien assise dans les vallées de la Garonne et du Rhône, où les arboriculteurs sont exigeants en qualité bois, et dans le nord. Une caisse Barbarie constitue un investissement pour 50 ans d’usage. Aussi, la clientèle est en constant renouvellement : « une fois un parc constitué, on ne vend plus, on remplace ». Elle est à 80 % nationale, l’international ayant vocation à se développer, notamment pour contourner le rythme des saisons grâce à l’inversion des récoltes dans l’hémisphère sud. Cela permet aussi d’amortir les risques climatiques. L’Union européenne, le Canada, l’île Maurice, le Maroc, l’Algérie ou encore le Chili constituent des marchés réguliers, rejoints par l’Égypte dont l’État prend le marché en main pour assurer une sécurité alimentaire à une population en forte croissance.

SUCCESSION ASSURÉE

Barbarie reste le premier acteur français sur son marché, il a repris un opérateur qui représentait la moitié. Un concurrent existe en Europe de l’Est, mais le périmètre d’action permet à chacun d’évoluer. « Nous restons à l’écoute côté croissance externe, la pyramide des âges est haute chez les dirigeants et on nous a sollicité : il existe des opportunités, mais il nous importe de stabiliser la croissance et de laisser un outil de travail en état de marche. » Côté transmission, Didier Chemin s’appuie sur Pascal Fournier, 35 ans de maison, directeur du site, impliqué dans la vision d’ensemble de la structure et pas seulement la production, capable de détecter et valoriser la créativité interne. La succession se prépare aussi à taille humaine : Yann a un cursus scientifique dans le biomédical et, après quatre ans au Canada, il exprime le souhait de travailler dans le monde du bois qu’il connaît depuis l’enfance. Il occupe le poste d’attaché marketing tout en se formant en alternance dans une école de commerce. Passé par les postes de production en job d’été, il maîtrise les rouages de l’entreprise et a une vision du marché américain… Le prochain objectif en vue. « Le véritable challenge est à l’export pour maintenir les volumes. Nous devons dupliquer nos solutions à l’étranger, transmettre ce que nous savons faire pour la récolte de pommes de terre, où la réputation française est reconnue. »

 


BARBARIE EN CHIFFRES

Chiffre d’affaires (avant reprise) : 19 M€

Chiffre d’affaires prévisionnel 2020 : 38 M€ (dont 15 M réalisés à la Chapelle Faucher)

125 000 Palox par an

28 000 m3 de résineux

4 000 m3 de chêne

220 à 250 tonnes de pointes

Deux semi-remorques de rondelles et quatre de boulons.