Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Béarn- Consommer moins avec Aolis

Le bureau d’étude palois AOlis, spécialiste des flux d’airs dans les entreprises agroalimentaires, sensibilise ses clients à la nécessité de réaliser des audits énergétiques sur leurs climatisations. Une opération qui permet des économies à l’échelle industrielle, alors que le secteur est particulièrement exposé à la flambée des coûts.

Aolis

© D. R.

Il y a deux ans, lorsque Thomas Milhoua et Bastien Haramburu créent leur entreprise, les deux amis et anciens collègues se positionnent volontairement sur un marché de niche. Jusqu’alors ingénieurs commerciaux pour une entreprise béarnaise spécialisée dans la climatisation pour les industries de l’agroalimentaire, ils ont pu constater l’absence de bureau d’étude indépendant spécifique à cette activité. Ils décident d’y remédier : AOlis naît, en plein confinement. « Nous sommes le maillon manquant entre les fournisseurs et les clients. Nous défendons l’intérêt de ces derniers et nous offrons du conseil », résume Thomas Milhoua depuis les bureaux palois d’AOlis, situés à Hélioparc.

Le duo basco-béarnais résume son métier à trois activités : l’avant-projet, avec la réalisation de plans opérationnels qu’un architecte non expérimenté dans l’agroalimentaire peut reprendre. Les audits, qui consistent en une cartographie de l’installation de la climatisation, et enfin, suite logique : la maîtrise d’œuvre.

 

Thomas Milhoua, co-fondateur de AOlis

Thomas Milhoua, co-fondateur de AOlis © E. L.-T.

ÉVITER LA SURCONSOMMATION INUTILE

Depuis le début de son activité, AOlis a su convaincre des clients, en l’occurrence des fromageries, des laiteries, ou encore des ateliers de salaisons, conscients de la nécessité de s’attarder sur les flux d’air de leur entreprise, trop souvent négligés. Lors de leurs audits, Thomas Milhoua et Bastien Haramburu ont rapidement mis le doigt sur un autre sujet concomitant à une mauvaise gestion de la climatisation : la surconsommation inutile. « Un exemple parmi d’autres : nous travaillions sur un gros atelier de tranchage et il s’avère qu’il y avait beaucoup trop d’air neuf », se souvient Thomas Milhoua. « Nous avons diminué de 30 % la consommation d’air neuf et dans le même temps, l’entreprise a gagné 10 000 € par an sur ses factures d’électricité et de gaz. »

Nous avons développé cet été des outils propres pour chiffrer ces économies énergétiques

Craignant les risques de contamination, les professionnels de l’agroalimentaire dit « sensible » ont en effet tendance à pousser les climatisations bien au-delà des seuils préconisés pour éviter le pire, provoquant parfois l’effet inverse et augmentant du même coup leur consommation. « Les postes d’énergie à ce sujet sont faramineux », remarque le jeune chef d’entreprise. « Nous avons visité environ 350 entreprises et dans chacune d’entre elles, nous avons trouvé des pistes d’amélioration et d’optimisation. »

VERS LA CERTIFICATION

Forts de leurs compétences et de leur connaissance du secteur, les deux trentenaires souhaitent développer encore davantage ce pan consacré à l’audit énergétique né de leurs constatations sur le terrain. D’ici la fin de l’année, AOlis devrait être certifiée sur cette partie spécifique et pourra s’adresser à tous les acteurs de l’agroalimentaire, par ailleurs particulièrement inquiets face à la crise énergétique. « Nous avons développé cet été des outils propres pour chiffrer ces économies énergétiques, aussi importantes que le côté sanitaire. Le but est que ce soit l’Ademe qui finance une partie de nos prestations dans le cadre des économies d’énergie. »

L’entreprise paloise souhaite également aller plus loin, comme elle le fait déjà avec ses clients actuels en les conseillant sur l’installation de panneaux solaires, ou bien de puits climatique, ou encore de dispositifs de récupération de chaleur, qui peuvent permettre d’effacer au maximum les consommations. Une perspective qui enthousiasme particulièrement Thomas Milhoua : « Il y a un océan qui s’ouvre à nous, de nombreuses possibilités sur lesquelles on se doit d’être tête chercheuse pour nos clients ».

UNE VISIBILITÉ INTERNATIONALE

De leurs expériences passées, Thomas Milhoua et Bastien Haramburu ont hérité d’une parfaite connaissance du marché, notamment à l’étranger. Si les deux fondateurs d’AOlis ne négligent par les clients français, à l’image de Fromagerie Chêne Vert à Nontron en Dordogne ou encore du Saloir de Louis qui vient de démarrer sa production près de Pau, ce « marché de niches n’est pas replié sur lui-même, est connecté à l’international ». AOlis apporte ainsi son expertise notamment en Russie, en Italie, en Arménie, ou encore au Royaume-Uni. Dès sa première année d’existence, l’entreprise paloise pouvait se targuer de travailler sur une vingtaine de projets.