Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

Des terres rares en Béarn

La construction de l’usine Caremag, dédiée au recyclage d’aimants et à l’extraction de terres rares pures, va débuter dès la fin de l’été sur le bassin de Lacq. Carester, qui porte ce projet, a en effet obtenu les permis de construire et d’exploiter définitifs. L’occasion de faire le point avec Frédéric Carencotte, son président.

© Carester

En janvier 2022, l’entreprise lyonnaise Carester choisissait le bassin de Lacq pour y implanter son projet Caremag, destiné à devenir une unité industrielle « de référence pour le recyclage des terres rares ». Deux ans plus tard, les avancées sont significatives avec une accélération remarquée ces derniers mois. « Nous avons franchi une étape décisive en septembre, avec l’obtention du permis d’exploiter, définitif depuis la fin du délai de recours le 5 février dernier », se réjouit ainsi Frédéric Carencotte, fondateur et président de Carester. Prochain palier, désormais : clore la levée de fonds en cours, à hauteur de 100 millions, qui viendra abonder les 38 millions de subventions publiques accordées à ce projet dont le montant global atteint les 200 millions d’euros.

92 embauches prévues

Carester pourra ensuite lancer la construction de Caremag dès la fin de l’été, mais aussi se concentrer sur les 92 embauches prévues avant la mise en production en 2026, qui verra se concrétiser ce projet « unique au monde ». La PME a en effet mis au point un procédé exclusif qui permet de recycler les aimants contenant des terres rares (que l’on retrouve notamment dans les batteries des voitures électriques) et de les purifier jusqu’à obtenir des oxydes de terres rares purs qui seront ensuite utilisés par des entreprises partenaires pour fabriquer de nouveaux aimants. Un cercle vertueux au cœur de la transition écologique, que l’on retrouve aussi au sein même du fonctionnement de cette future usine que Frédéric Carencotte veut « exemplaire ».

L’impact CO2 de Caremag sera inférieur de 60 % à toutes les unités concurrentes, aujourd’hui uniquement situées en Asie

Une faible empreinte écologique

« Nous avons beaucoup travaillé sur l’ingénierie de notre projet, pour notamment abaisser l’empreinte écologique au maximum. Aujourd’hui, nous sommes fiers de dire que nos procédés industriels ne vont pas générer d’effluents liquides », se félicite-t-il. « L’impact CO2 de Caremag sera inférieur de 60 % à toutes les unités concurrentes, aujourd’hui uniquement situées en Asie. Et 82 % des émissions de CO2 directes seront récupérées et recyclées. » Carester affiche clairement sa volonté de construire une usine la plus décarbonée possible, en accord avec les ambitions des industriels de ce territoire béarnais par ailleurs adopté en toute conscience par Frédéric Carencotte.

La construction débutera au deuxième semestre 2024 et la mise en production est prévue courant 2026

La future Magnet Valley

« Nous avions trois critères : premièrement, nous souhaitions nous installer sur une plateforme Sévéso, avec du terrain. Ensuite, nous voulions obtenir un permis rapidement : sur un site clé en main comme Lacq, les autorisations sont plus rapides. Enfin, nous visions une zone à finalité régionale qui permette d’optimiser le taux de subventions », précise-t-il ainsi. Autant de conditions remplies par le bassin industriel ayant pesé dans la balance, sans oublier « l’accueil et la motivation » des parties prenantes sur place, réceptives au potentiel de ce projet. À ce sujet, Frédéric Carencotte ne s’interdit pas de voir plus loin : à terme, le bassin de Lacq pourrait accueillir une chaîne complète de production, depuis l’extraction des terres rares jusqu’aux procédés de métallisation et la fabrication d’aimants. Un « écosystème » que d’aucuns nomment déjà « la Magnet Valley ».