Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Électronique : Le nouveau visage de la FEDD

La FEDD, basée à Sainte-Alvère, a, depuis le mois d’octobre, un nouveau directeur général : Didier Roux. Son objectif : hisser l’entreprise de fabrication de circuits électroniques au rang de leader dans le domaine et la faire passer du rang d’organisation familiale à une production industrielle.

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Didier Roux, nouveau directeur général de la FEDD © Loïc Mazalrey - La Vie Economique

Depuis son rachat en 2021 à la très discrète famille Delage, la FEDD fait désormais partie du groupe Agôn electronics, groupe français de conception, fabrication et assemblage de circuits électroniques, appartenant à Argos wityu. Avec 5 autres entreprises basées dans le Sud-Ouest comme Team 31 ou Phenix électronique, le groupe Agôn electronics entend créer un pool d’entreprises avec une synergie commune. Et cela commence avec la FEDD et la fabrication de cartes et de produits électroniques. L’objectif est désormais clair pour l’entreprise basée à Sainte-Alvère, au cœur du Périgord Noir : « faire grandir une entreprise familiale jusqu’à devenir un acteur majeur de la carte électronique », résume Didier Roux, le nouveau directeur général.

Retrouver une stabilité

Arrivé en octobre 2023, il a pris la direction générale de la FEDD. Il est le second à occuper ce poste depuis la reprise de la FEDD par Agôn electronics et le Figeacois de 48 ans entend « s’inscrire dans la durée » parmi les quelques 215 salariés. « La famille Delage a géré l’entreprise pendant longtemps, il est important pour les employés de retrouver de la stabilité », ambitionne Didier Roux. Le Lotois est resté 24 ans dans sa précédente entreprise, Figeac Aéro, où il est entré en tant qu’ingénieur dans une start-up de 100 personnes, et en est reparti directeur général en étant le « patron multisites » d’une organisation à « forte croissance ».

© Loïc Mazalrey

Dépasser les 50 millions de CA

La croissance, c’est précisément avec ce mot d’ordre que Didier Roux est arrivé en Dordogne, et à la FEDD. « Le groupe vise une croissance externe, avec notamment le rachat de sociétés, comme un investissement récent en Italie, et donc faire grossir le groupe, mais également avec une croissance interne, en faisant grandir l’entreprise », note le DG.

« Nous voulons atteindre les meilleurs standards de l’industrie avec une amélioration à la fois du processus de supply chain et du processus de production »

Concrètement, la FEDD ambitionne de passer de 46 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 à plus de 50 millions d’euros en 2024. L’objectif est aussi de voir ce chiffre augmenter d’au moins 15 % par an tous les ans. « La croissance de l’entreprise va être portée par la croissance des secteurs historiques, en particulier le ferroviaire et l’aéronautique. Le carnet de commandes est conforme à notre objectif pour 2024 et les prévisions sont bonnes au-delà », affirme Didier Roux. Cette croissance s’adosse au développement du portefeuille de clients, mais également à une augmentation du nombre de commandes pour ceux qui le sont déjà. Et la FEDD va même aller vers des secteurs où l’entreprise est actuellement moins présente, comme le nucléaire. De nouveaux contrats doivent être signés.

Nouveau bâtiment, surface d’atelier doublée

« Mon ambition est de concrétiser notre croissance en s’appuyant sur les bases solides de l’expertise de la FEDD. Le challenge sera d’organiser et de transformer l’entreprise pour atteindre nos objectifs. Nous ferons évoluer le modèle en adoptant les meilleurs standards de l’industrie et le nouveau bâtiment sera une étape clef. » En effet, d’ici août 2024, l’entreprise devrait être dotée d’un nouveau bâtiment et verra sa surface de travail doubler, passant de 3 000 à 6 000 m². Les deux ateliers, cartes et intégration, devraient donc voir leur organisation optimisée, pour augmenter productivité et production. De nouveaux postes de travail et de nouvelles machines doivent être installés. « Nous voulons atteindre les meilleurs standards de l’industrie avec une amélioration à la fois du processus de supply chain et du processus de production », résume Didier Roux.

La FEDD va aller vers des secteurs où elle est actuellement moins présente, comme le nucléaire.

Les nouveaux locaux vont engendrer des besoins en termes d’emplois : 80 personnes devraient être recrutées. Mais l’entreprise fait face, comme beaucoup d’autres employeurs du département, à des difficultés de recrutement. Pour cela, l’entreprise mise sur la formation interne, avec des sessions de recrutement, en lien avec Pôle emploi, avec différents tests, notamment de dextérité. Le taux de réussite oscille entre les 10 et 20 % selon le nouveau directeur général. Pour ceux qui réussissent, ils sont ensuite intégrés dans les effectifs, et formés. Un besoin qui va se faire se plus en plus urgent, à mesure que la livraison du nouveau bâtiment approche.

La FEDD en quelques chiffres

Le nouveau bâtiment devrait permettre la création de 80 emplois

Le Grand Périgueux a conventionné une aide avec la Région Nouvelle-Aquitaine de 4 millions d’euros pour le nouveau bâtiment.

Le chiffres d’affaires de la FEDD était réparti, en part environ égales, entre l’aéronautique, le ferroviaire, la défense et l’industrie

Pour 2024, la FEDD vise plus de 50 millions en 2024

500 000 circuits électroniques sortent de la FEDD chaque année