« Courant 2026, comme chaque année, nous cherchons à apporter des nouveautés et des améliorations. Il y aura de petits accessoires, notamment des bijoux, comme des bracelets », annonce Mathieu Devoucoux. Avec les membres de sa famille, il figure parmi les actionnaires de la société Aretxola, créée en janvier 2021 à Itxassou, au Pays basque, et exploitant la marque de maroquinerie Erro. En langue basque, Erro signifie origine ou racine.
Un savoir‑faire hérité de la sellerie
« Nous voulions créer une marque qui nous ressemble. Notre métier de base, c’est la sellerie d’équitation, tandis que la maroquinerie, nous l’avons apprise de manière assez autodidacte. Nous avons ainsi transposé de nombreux savoir-faire issus de la sellerie », raconte-t-il. Erro s’inscrit dans la continuité d’un savoir-faire familial : celui de la sellerie Devoucoux, créée en 1985 à Sare par Jean‑Michel Devoucoux, puis cédée en 2013 au groupe CWD, aujourd’hui intégré à LIM Group, leader mondial de la selle haut de gamme.
Une aventure entrepreneuriale familiale
En 2018, Mathieu et Damien Devoucoux décident de quitter le groupe qui a racheté l’entreprise familiale pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Ils montent ensemble un atelier de sous‑traitance en sellerie et maroquinerie. Leur sœur Noémie, puis leur père Jean‑Michel Devoucoux, les rejoignent. La marque Erro est officiellement lancée en juin 2022. Aujourd’hui, la société rassemble une quinzaine de salariés. En 2025, Erro a réalisé un chiffre d’affaires de 810 000 euros.
Une montée en gamme maîtrisée
La marque Erro se compose aujourd’hui d’une dizaine de sacs, d’une vingtaine de petits articles de maroquinerie et de trois modèles de selles. Positionnés sur le segment haut de gamme, les sacs Erro sont commercialisés de 300 à 700 euros. Chaque pièce est réalisée du début à la fin par un seul artisan (hormis la coupe), garantissant traçabilité, qualité et valorisation du geste professionnel. En 2025, 2 000 produits ont été commercialisés. L’entreprise affiche une dynamique positive, avec une croissance des ventes de 20 % entre 2024 et 2025.
Erro revendique par ailleurs une démarche durable à tous les niveaux : cuirs provenant de tanneries écoresponsables, fabrication locale afin de limiter l’empreinte carbone, produits réparables à vie pour lutter contre la surconsommation, et approvisionnement énergétique auprès d’un fournisseur local garantissant une énergie 100 % verte.
Un atelier déjà à saturation
Au sein de son atelier, la société Aretxola produit également, en sous‑traitance, des étuis en cuir destinés à des marques d’horlogerie helvètes. « En sous‑traitance, certains projets représentent des productions de quelques centaines à plus d’un millier de pièces », explique Mathieu Devoucoux. Installée dans un atelier de 400 mètres carrés, l’entreprise se dit aujourd’hui à l’étroit et recherche un nouveau site de 800 mètres carrés, avec un objectif d’emménagement d’ici fin 2027.

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Développer la marque en direct
Après l’ouverture d’une boutique à Bayonne en juin 2024, puis à Bordeaux en août 2025, la société souhaite accélérer le développement de son réseau en propre, avec un projet d’ouverture d’une nouvelle boutique sur la Côte basque en 2027. Présente chez près d’une cinquantaine de revendeurs, la marque réalise l’essentiel de son activité en Nouvelle‑Aquitaine. L’objectif est désormais de resserrer le réseau de distribution vers les points de vente les plus qualitatifs, tout en dynamisant les ventes en ligne.
Allier tradition et innovation
Enfin, en 2025, Erro a déposé un brevet pour un arçon de selle imprimé en 3D, aboutissement de deux années de recherche et développement menées à Itxassou. « En sellerie d’équitation, nous avons volontairement limité notre réseau à 75 selleries, en raison de contraintes commerciales », précise Mathieu Devoucoux. Cette innovation vient confirmer la stratégie d’Erro : s’appuyer sur un savoir‑faire artisanal éprouvé pour structurer une croissance durable et différenciante.
« Nous avons transposé des savoir-faire issus de la sellerie »