Surf – Planches en mutation

Porté par une pratique toujours en vogue, le marché français de la planche de surf se structure autour d’une offre de plus en plus diversifiée. Entre production artisanale, planches de série, marché de l’occasion et nouveaux segments, la filière reste largement ancrée sur la façade atlantique, du Pays basque aux Landes.

© Zak Mogel

L’Association européenne des industries du surf (EuroSIMA) a dévoilé cet été les résultats de son étude Surf Panorama, réalisée avec le pôle Intelligence économique de l’Union des entreprises du sport et du cycle (UESC). Menée auprès de 2 300 pratiquants de plus de 16 ans, cette enquête apporte un éclairage inédit sur les habitudes de consommation des surfeurs français, notamment en matière d’équipement.

40 000 planches neuves

Le marché français des planches de surf reste néanmoins difficile à évaluer avec précision. Le chiffre de 500 000 pratiquants, avancé par la Fédération française de surf (15 000 licenciés) et les acteurs de la filière glisse, intègre les stagiaires des écoles de surf ainsi que les pratiquants occasionnels. Selon les professionnels du secteur, quelque 40 000 planches seraient vendues chaque année. Avec un prix moyen de 635 euros lors du dernier achat, le marché du neuf pourrait ainsi peser entre 20 et 30 millions d’euros par an, auxquels s’ajoute un important marché de l’occasion.

Le poids du Sud-Ouest

Les ateliers, manufactures, importateurs et revendeurs de planches sont majoritairement implantés sur la côte basco-landaise. « Si l’axe Hendaye-Hossegor demeure le principal bassin économique du surf en France, l’activité tend à se régionaliser, avec l’émergence de réussites entrepreneuriales dans d’autres territoires », observe Romain Ferrand, à l’origine de l’étude au sein d’EuroSIMA. Au total, 46 % des répondants à l’étude Surf Panorama résident en Nouvelle-Aquitaine, confirmant le poids du Sud-Ouest dans l’économie de la glisse.

Shortboards contre soft tops

Le shortboard, planche performante d’une longueur inférieure à deux mètres, reste la référence pour 55 % des répondants, notamment chez les 18-35 ans et les pratiquants réguliers. Le longboard, plus stable et pouvant atteindre trois mètres de longueur, est pratiqué par 49 % des sondés, tandis que les planches hybrides séduisent 30 % d’entre eux.

Cette diversification se retrouve dans l’offre. Selon les estimations de la filière, les soft tops, ces planches en mousse sécurisantes, représentent désormais 40 à 60 % des volumes vendus, portés par les écoles de surf et les débutants. Les planches composites de série, notamment les shortboards et les longboards, pèseraient entre 25 et 40 % du marché, tandis que les productions locales compteraient pour 15 à 25 % des volumes.

Le sur-mesure résiste

Les surfeurs possèdent en moyenne trois planches et ont déboursé 635 euros lors de leur dernier achat. Signe d’un marché particulièrement éclaté, les répondants ont cité plus de 150 marques différentes au cours de l’enquête. À noter que la durée moyenne de possession d’une planche est de deux ans. Malgré la progression des productions industrielles, généralement fabriquées en Asie, le sur-mesure conserve une place importante. La moitié des répondants ont déjà fait réaliser une planche custom.

L’essor de l’occasion

Cette évolution se retrouve dans les circuits de distribution : 57 % des répondants déclarent acheter leurs planches dans un surf shop, 54 % sur le marché de l’occasion et 49 % directement auprès d’un shaper. Des chiffres qui illustrent la vitalité d’un marché de seconde main devenu un pilier de l’économie du surf.

Surf shop de la Côte basque © V. Biard – La Vie Economique

Dans le même temps, la hausse des prix favorise l’essor du marché de l’occasion. « Le tarif des planches continue de progresser. Un shortboard performant se vend aujourd’hui autour de 800 euros, contre environ 500 euros il y a quelques années. Selon plusieurs shapers, les tensions géopolitiques et leurs conséquences sur le coût des matières premières, notamment des produits pétrochimiques, pourraient entraîner de nouvelles hausses. Dans ce contexte, une planche neuve à 900 ou 1 000 euros risquerait d’accélérer le recours au marché de l’occasion », prévient Romain Ferrand.

Le marché de seconde main est devenu un pilier de l’économie du surf

Chiffres clés

635 euros comme prix moyen de la dernière planche achetée
3 planches possédées en moyenne par surfeur
156 marques citées par les surfeurs
54 % achètent également des planches d’occasion

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