Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Softivert, l’agriculture du futur

Softirob, filiale de l’entreprise béarnaise Softivert, sera présente au Forum International de la Robotique Agricole (FIRA), du 6 au 8 février à Toulouse. Jean-Luc et Clément Picourlat, ses codirigeants, comptent marquer les esprits avec leur tracteur autonome et électrique.

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Jean-Luc et Clément Picourlat, dirigeants de Softivert. © Cyril Garrabos - La Vie Economique

Sur l’exploitation des Picourlat, dans le village de Gabaston au nord-est de Pau, rien à première vue ne laisse présager qu’ici, une entreprise travaille à ce que l’agriculture rencontre le digital. La propriété n’a pas vraiment changé depuis les années quatre-vingt, en tout cas en apparence : à cette époque-ci, déjà, le jeune agriculteur Jean-Luc Picourlat, passionné d’informatique puis d’électronique « et de tous ce qui finit en -ic », pensait et créait son premier logiciel destiné à faciliter les tâches des agriculteurs. Depuis, la société Softivert a été créée, Jean-Luc Picourlat a été rejoint par son fils Clément, 5 salariés ont été embauchés et plusieurs logiciels et produits pour l’agriculture de précision conçus.

800 000 € de CA

Vingt ans après sa création, Softivert propose une vingtaine de références, à l’image de cette pompe électrique, la Pompadose, qui permet d’utiliser la juste dose pour la fertilisation ou la pulvérisation liquide. Ou encore du CampoNavigator, un système embarqué de guidage, arpentage, traçabilité et gestion pour équiper les tracteurs. Entre autres choses. Et ces innovations séduisent : sur son dernier exercice, Softivert affichait 800 000 euros de chiffre d’affaires. Un bilan positif qui laisse place à une année 2024 où l’optimisme ne devrait pas faillir, notamment avec la participation de l’entreprise au Forum International de la Robotique Agricole (FIRA). Là, SoftiRover e-k18, l’un des derniers-nés de l’entreprise porté par sa filiale Softirob dédiée exclusivement à la robotique agricole, devrait faire son petit effet.

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© Cyril Garrabos – La Vie Economique

Un tracteur sans conducteur

Pour cause, sous ce nom se cache un tracteur autonome de seulement 1,5 tonne, 100 % électrique grâce à ses deux batteries lui conférant une puissance de 18 kW, et destiné aux grandes cultures comme le maïs. Doté de capteurs pour surveiller le travail, s’arrêter en cas d’obstacle et assurer la traçabilité, le SoftiRover peut préparer les terres au binage, semer ou encore pulvériser des traitements phytosanitaires. « Il se débrouille tout seul ! », résume Jean-Luc Picourlat en faisant le parallèle avec le robot tondeuse de sa femme qui lui a inspiré ce tracteur révolutionnaire. « Aujourd’hui, il suffit juste de faire un demi-tour au bout du champ, le reste du temps tu peux envoyer des textos », ironise-t-il. D’où l’idée d’automatiser cette manœuvre et de se passer ainsi d’un conducteur. « Pour l’agriculteur, le SoftiRover permet d’abord un gain de temps et donc de productivité, mais il répond également aux exigences environnementales puisqu’il est électrique ».

Le SoftiRover peut préparer les terres au binage, semer ou encore pulvériser des traitements phytosanitaires

Appel aux bêtatesteurs

Conçu entièrement sur fonds propres, moyennant entre 100 et 150 000 euros d’investissements, le prototype du SoftiRover a été éprouvé en juin dernier sur une parcelle de 5 hectares semée de façon autonome. Désormais, Jean-Luc et Clément Picourlat cherchent 4 ou 5 bêtatesteurs, qui de leur propre aveu doivent avoir un profil « d’agro-geek » ou tout du moins être « technophiles ». À l’image du fondateur de Softivert, finalement. Plus de trente ans après le codage de son premier logiciel, l’agriculteur béarnais, qui n’a rien perdu de son âme de passionné quelque peu visionnaire, voit dans ce tracteur innovant l’agriculture de demain : « Le SoftiRover est en phase avec les changements du monde agricole. C’est une autre façon d’appréhender l’agriculture ».

Le meilleur de la robotique agricole à Toulouse

La 8e édition du World FIRA aura lieu du 6 au 8 février, à l’Agrobiopole de Toulouse. Plus grand rassemblement de solutions de robotique agricole dans les champs, cet événement propose de découvrir 6 filières (légumes, vignes, vergers, maraîchage, grandes cultures et élevage) à travers une zone d’exposition, des démonstrations de robots dans les champs en condition réelle, un colloque scientifique, des conférences et du networking.

Pour en savoir plus : https://world-fira.com