Couverture du journal du 14/02/2024 Le magazine de la semaine

Atelier Duho, vues de haut

Droniste professionnel, le lot-et-garonnais Cédric Zacchia a survolé tous les plus beaux paysages de l’Hexagone. Travaillant principalement pour le secteur audiovisuel avec sa société l’Atelier Duho, il a réalisé plus de 300 vidéos et 1 500 photos.

Atelier Duho

Le château de Bonaguil (47) © Atelier Duho

Les nombreux téléspectateurs du film La Nuée, tourné en 2019 en grande partie en Lot-et-Garonne et actuellement diffusé avec succès sur la plateforme Netflix, l’ignorent sans doute, mais les premières images du long-métrage ont été réalisées par le droniste professionnel lot-et-garonnais Cédric Zacchia, avec sa société : l’Atelier Duho. S’il travaille occasionnellement pour le cinéma, Cédric Zacchia est surtout connu dans l’univers audiovisuel, de plus en plus friand de belles images aériennes. Une direction voulue par cet ancien chef d’entreprise au moment de créer sa société en 2016 quand le métier de droniste faisait ses premiers pas : « Je suis parti de rien ! Il y avait plusieurs options pour développer l’activité, notamment l’agriculture ou bien les équipes sportives professionnelles, mais l’audiovisuel m’offrait plus de perspectives. L’idée était de réaliser des images de haute qualité pour répondre aux attentes croissantes des chaînes de télévision et boîtes de production nationale », confie Cédric Zacchia.

Écriture aérienne

C’est lors d’un premier contrat avec France Télévisons, qui recherchait un pilote en Lot-et-Garonne dans le cadre d’un reportage pour le journal télévisé, que l’Atelier Duho met un pied, ou plutôt une aile, dans le petit écran. Après un premier contrat concluant, Cédric Zacchia est régulièrement sollicité pour survoler les divers paysages enchanteurs du Sud-Ouest alimentant les reportages des journaux du groupe France Télévisions quand il rencontre le réalisateur de l’émission Carnet de vol sur France 3, un précurseur de l’utilisation d’images filmées par drone : « Son écriture était pensée pour les images aériennes, une première en France ! Jusque-là, les réalisateurs pensaient d’abord aux caméras au sol. J’ai pu franchir un cap grâce à lui en participant à ma première émission », souligne Cédric Zacchia tout en ajoutant apprendre encore aujourd’hui, malgré plus des 400 reportages pour le groupe France Télé, à chaque nouvelle expérience.

Cédric Zacchia, créateur de l’Atelier Duho

Cédric Zacchia, créateur de l’Atelier Duho © Atelier Duho

Gare au goéland

Droniste passionné, Cédric Zacchia travaille aujourd’hui partout en France et pour toutes les chaînes de télévision. Répondant aux différentes demandes ou aux appels d’offres de collectivités, l’Atelier Duho s’est étoffé grâce à l’arrivée de collaborateurs pouvant répondre aux différents besoins. Ainsi, lors de tournages importants, l’équipe se compose d’un pilote professionnel, en règle avec la législation drone, d’un chef d’opération dédié au cadre de la caméra et d’un directeur technique chargé quant à lui du pointage de la caméra afin d’assurer la netteté de l’image : « Nous effectuons un travail de repérage en amont de nos missions pour prendre en compte le décor, le vent, la météo, la lumière… ou bien les goélands en bord de mer qui peuvent attaquer les drones, » précise le fondateur de l’Atelier Duho qui garde comme meilleur souvenir un tournage au musée du Bourget réalisé à bord d’un cinébulle (une montgolfière motorisée biplace) ou bien encore la modélisation en 3D, une autre de ses offres, du hameau de la Reine à Versailles ou pour le compte de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), l’un de ses principaux clients.

Concurrence sauvage

Ayant connu les premiers drones, Cédric Zacchia peut témoigner de l’évolution rapide de la technologie ! Alors que les premiers vols se faisaient à l’aveugle, avec une caméra GoPRo accrochée et surtout sans retour vidéo au sol, pour des durées de vol n’excédant pas les 5 minutes, il est désormais possible de pouvoir intervenir directement sur la caméra en temps réel pour soigner le cadre. L’essor de l’utilisation des drones s’accompagne toutefois d’une contrepartie beaucoup plus sombre pour les professionnels comme l’Atelier Duho, celle d’une concurrence sauvage en dehors d’une réglementation pourtant très stricte dans le domaine aérien. En effet, en plus des assurances et brevets de pilotages obligatoires, tout vol de drone doit être signalé aux zones aéroportuaires, préfectures, mairies, zones militaires…

Des projets artistiques

Après un parcours semé d’embûches, le responsable de l’Atelier Duho ne regrette pas son choix en se remémorant quelques tournages marquants tels que les barrages sur la Loire, l’aéroport de Toulouse-Blagnac ou bien encore l’opéra de Bordeaux où il fut le premier à y faire entrer un drone : « On pense souvent aux images en extérieur, mais le drone propose de belles prises de vues en intérieur ». En ce début d’année, le droniste prépare un beau projet, en partenariat avec France 3 Nouvelle-Aquitaine et le jeune pianiste agenais Marco Poingt. Il s’agit en effet de filmer ce jeune prodige en pleine composition musicale, accompagné de son piano qu’il porte sur son dos, dans un décor prestigieux du Sud-Ouest comme le canal des Deux-Mers, un sommet pyrénéen…