Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

L’eau en péril

Lequel d’entre nous s’imagine ouvrir le robinet de sa cuisine ou de sa salle de bain, un de ces prochains matins, ne rien voir couler et rester serein ? Et pourtant, nous avons à apprendre à vivre avec cette échéance. L’eau est un bien si précieux, c’est la vie…

Marie-Pierre BORDE, médiateur conventionnel et judiciaire Inscrite auprès des Cours d'appel de Bordeaux et d'Agen art amiable

Marie-Pierre BORDE, médiateur conventionnel et judiciaire, inscrite auprès de la Cour d'appel de Bordeaux © Atelier Gallien

L’’hiver qui se termine, nous a permis de mentalement nous éloigner de la sais o de sécheresse que nous avons vécue l’été dernier, et à bien des égards traumatisante : incendies démesurés, absence d’eau, arbres qui sèchent sur pieds, inondations soudaines en cas de pluie, à cause des sols secs, difficultés à supporter les températures élevées… Les jours rallongent et les températures remontent. Quelques pluies nous rassurent, un peu, alors nous espérons. Qu’espérons-nous ? Nous espérons manquer de rien. Et surtout pas d’eau. Le manque d’eau potable, c’est ailleurs, loin, dans des pays pauvres où les peuples y seraient habitués. Lequel d’entre nous s’imagine ouvrir le robinet de sa cuisine ou de sa salle de bain, un de ces prochains matins, ne rien voir couler et rester serein ? Et pourtant, nous avons à apprendre à vivre avec cette échéance.

LE MOIS DE JUILLET 2022 LE PLUS SEC DE TOUS LES TEMPS

Le mois de juillet 2022 a été le plus sec enregistré en France, depuis les premiers relevés météorologiques. Il n’est tombé que 9,7 millimètres de précipitations, soit 80 % de déficit par rapport aux normales. Le printemps 2022 avait été sec. Cette année l’hiver a déjà été très sec et le printemps s’annonce de même. Le 5 août 2022, plus de 100 communes n’avaient plus d’eau potable. Les approvisionnements se sont faits par camions citernes.

RESTRICTIONS ET SEUILS LIMITES

Depuis le début de l’année 2023, des restrictions s’appliquent, en fonction des niveaux des réserves constatés. Des seuils limites sont fixés et diffèrent selon les départements. Ces niveaux sont mesurés en permanence par des stations automatisées. Dès que les niveaux limites sont dépassés, ce sont les préfets qui prennent des mesures de restriction et en fixent une durée qui peut être renouvelée. Le ministère de la Transition écologique et solidaire nous propose de consulter une carte sur le site propluvia.developpement-durable.gouv.fr, pour connaître, par département et par commune, la situation, les restrictions décidées, le niveau d’alerte et les règles à respecter.

Au mois de mars 2023, ce sont 6 départements de métropole qui sont concernés par une vigilance sécheresse et des restrictions. À la fin du mois de février dernier, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Christophe Bechu, a appelé les préfets, « à ne pas avoir la main qui tremble, pour prendre des arrêtés ». L’Occitanie, l ’Auvergne-Rhône-Alpes et la région sud sont pour l’instant, les régions principalement surveillées. La France compte 675 417 km2 et ces trois zones représentent 173 835 km2, soient 26 % du territoire : pour l’Auvergne-Rhône-Alpes 69 711 km2, pour l’Occitanie 72 724 km2 et pour la région sud 31 400 km2.

En ce mois de mars 2023, plus du quart de la superficie de la France est concerné par les restrictions d’eau

Ce qui veut dire qu’au début du mois de mars 2023, c’est plus du quart de la superficie de la France, qui est concerné. Chaque commune d’un département de ces zones n’est cependant pas concernée de la même façon.

En cas de restriction d’eau, il existe quatre niveaux d’alerte : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise. Ces quatre niveaux définissent les règles de restriction à appliquer. Pour les particuliers, elles concernent l’arrosage des pelouses, l’arrosage des jardins potagers et des massifs floraux, le lavage des voitures, le remplissage des piscines privées, le nettoyage des toitures et façades, l’intervention en rivière.

  • En vigilance : information des professionnels et des particuliers sur les risques de sécheresse, avec des conseils pour faire des économies d’eau. À ce niveau, il n’y a pas de restriction officielle, mais des économies sont nécessaires. C’est à chacun d’en décider.
  • En alerte : une réduction des prélèvements d’eau à des fins agricoles, inférieure à 50 % doit être pratiquée. Pour les professionnels, les manœuvres de vannes peuvent être proscrites. Pour les particuliers, plusieurs pratiques peuvent être interdites.
  • En alerte renforcée : la réduction des prélèvements à des fins agricoles est plus élevée, supérieure ou égale à 50 %. Pour les particuliers, les mesures sont renforcées.
  • En crise : tous les prélèvements non prioritaires, y compris ceux à des fins agricoles sont Seuls les prélèvements pour la santé, l’eau potable et la salubrité sont autorisés. C’est une question vitale.

Des amendes sont prévues et les contrôles sont faits par la police de l’eau, qui agit sous l’autorité du préfet. Elles sont fixées par l’article R216-9 du code de l’environnement et vont de 1 500 euros à 3 000 euros, en cas de récidive… Autant dire que ces alertes en appellent surtout à la conscience de chacun, pour respecter les règles.