Couverture du journal du 24/02/2021 Consulter le journal

Valbusa : en quête de nouveaux horizons

Le métallier a évolué à partir de son socle traditionnel pour se diversifier et innover sur des marchés de niche.

Valbusa

© D. R.

Avec un effectif de 30 salariés, l’entreprise Valbusa montre que l’apport de technologies n’empêche pas les créations d’emplois puisque de nouveaux postes accompagnent l’installation récente d’une unité d’usinage ultramoderne. La société évolue sur deux sites, au Bugue-sur-Vézère, et à travers plusieurs structures grâce à une croissance externe et des créations d’activité qui portent à 35 le nombre total de salariés du groupe. Celui-ci comprend désormais Batitech 3D (réalisation de copie virtuelle à l’identique de bâtiment ou d’objet à numériser), ouvert en 2017, et Créajet 3D (découpe en série ou unique au jet d’eau pour la mécanique et le bâtiment mais aussi l’architecture ou la sculpture), en 2018 ; ainsi que des structures reprises en 2018, la menuiserie Archambaud (Le Buisson-de-Cadouin) et Périgord Grenaillage-Thermolaquage (PGTL), ce dernier assure les finitions des productions maison plutôt qu’en sous-traitance et prend aussi des commandes extérieures. L’ensemble assure une autonomie de production, de la conception jusqu’à la finition, l’emballage de transport et l’installation sur site. Et même des perspectives dans un tout autre domaine que celui d’origine, des idées nouvelles sur des niches inattendues (lire encadré).

© S. B._T.

Tout a commencé en 1966 avec l’activité paternelle de serrurerie, employant trois personnes, que ses deux fils, Bruno et Gabriel, ont reprise et fait évoluer depuis 1992, entraînant depuis peu dans l’aventure leurs fils respectifs, Sébastien et Lorenzo. L’activité principale reste dans le domaine du second œuvre, avec la fabrication de structures en métal et acier : serrurerie, rampes, portails, escaliers, balcons, passerelles… ; menuiserie aluminium assortie d’un apport de miroiterie. Les marchés se situent essentiellement en Nouvelle-Aquitaine, ils relèvent de collectivités locales ou d’entreprises générales, les demandes de particuliers s’ajoutant à la marge de la clientèle professionnelle. Le chiffre d’affaires, en nette progression depuis la réorganisation du groupe en 2018, atteint 3 millions d’euros et continue à croître malgré la crise Covid.

Centre d’usinage et opérateurs qualifiés

L’évolution en cours est à l’image d’une lignée sur trois générations, mêlant tradition et modernité. La PME familiale n’a pas oublié d’investir régulièrement sur des technologies adaptées à ses objectifs et d’acquérir de nouvelles compétences, elle structure une stratégie de diversification tout en confortant le socle de son savoir-faire. La Région vient de la soutenir pour un récent achat : en plus d’une découpe laser grand format, une ligne de fabrication de pièces aluminium prêtes à assembler a été installée cet automne, soit un investissement total de près de 700 000 euros. Après deux mois de formation sur le centre d’usinage à commandes numériques, le deuxième du genre installé en France, de conception allemande, l’atelier a gagné en temps et précision pour percer, en évitant des manipulations et donc des risques de rayure des profils. Un atout qualité. La machine va chercher une vingtaine d’outils nécessaires pour les séquences d’usinages programmées. Résultat : six morceaux traités en un quart d’heure contre 1 h auparavant. La machine produit davantage, il faut donc assurer sa gestion et le montage des matériaux. Au final, cela appelle trois créations d’emploi, avec des opérateurs plus qualifiés.

© S. B._T.

Une niche pour petits formats

Créajet 3D est pilotée par la 3e génération de la famille, en la personne de Sébastien, ingénieur en génie mécanique et spécialisé dans la découpe de matériaux. L’activité repose sur des techniques de découpe jet d’eau et plasma, et un pliage professionnel qui permet de réaliser toutes créations à partir de verre, pierre, bois, plastique, métaux et alliages, acier, inox, aluminium…

Une prestation appelée à monter en puissance. Si Valbusa signe des commandes monumentales, de la création des menuiseries aluminium extérieures du Centre d’Interprétation d’Art Pariétal Montignac-Lascaux aux systèmes d’accrochages intérieurs de ce même Lascaux IV, Créajet développe la production de volumes plus réduits puisqu’il s’agit de statuettes évoquant la célèbre grotte et bien d’autres souvenirs chers aux touristes : l’objet est scellé sur un socle découpé dans la pierre de Limeyrat. Du 100 % local. En trois ans, le design a bien évolué. « C’est devenu une activité à part entière, ce n’était pas prévu. La jeune génération nous pousse vers de nouveaux projets », explique Bruno Valbusa, « même si on a d’abord acheté ce laser pour travailler pour nous et de grosses sociétés. » Via l’atelier de fac-similés du Périgord, la société travaille pour Lascaux IV, mais aussi pour les grottes Chauvet, en Ardèche, et Cosquer, à Marseille. La section figurine devrait réaliser 100 000 euros de chiffre d’affaires.

La marque CleverSteel – l’artisan du métal qui vient de voir le jour développe aussi du mobilier riveté, sans aucune soudure pour l’assemblage. Le fonds régional d’aide à l’innovation permet à l’entreprise d’être accompagnée par le studio périgourdin Ilô Créatif pour structurer la gamme, l’idée étant que les particuliers puissent monter chez eux ce mobilier à partir des éléments fournis, dans un esprit origines très Pays de l’Homme pour un « do it yourself » avec des matériaux naturels. Avec, pour finir, une boutique en ligne.